Il le craignait comme la peste. Pire encore.
"Je savais qu'il revenait à 100% et pour moi, c'était le plus dangereux. J'avais même prévenu Paez hier au soir. Il fallait le surveiller..." ces mots sont ceux de Thomas Dietsch. Oui, le géant d'Alsace redoutait Miguel Martinez. L'ancien champion du monde qui avait fait une croix sur le vélo en octobre 2006 a décidé de reprendre le chemin des affaires. Tant sur route avec l'équipe du Vatican, Amore e Vita qu'en VTT avec la formation New Cycling: "Je vais me préparer pour les marathons" avait-il annoncé. Arrivé le vendredi à Manavgat, Martinez faisait peur. Et pas seulement à Dietsch.
Mais ce matin, c'est d'abord un groupe de sept hommes qui se détachent dès les premiers kilomètres. Tous les hommes forts du marathon sont là. Les deux Bianchi, Leo Paez et Thomas Dietsch, mais aussi Karl Platt et Stefan Sahm (Team Bulls), Johnny Cattaneo et Miguel Martinez. Un homme manque à l'appel : Massimo de Bertolis (Full Dynamix). Le champion d'Italie du marathon fait bien pâle figure et navigue bien loin de son niveau d'antan. Bien vite, les hommes attaquent une longue ascension le long d'un barrage. Le groupe ne tardera pas à exploser. Dès les premières rampes, Thomas Dietsch est le premier à mettre tout le monde en pression. Réplique immédiate de Miguel Martinez. Et les deux Français se retrouvent isolés. Sur la longue et roulante ascension, l'ancien champion olympique fait parler ses qualités de routier. Avant de basculer, il compte une trentaine de secondes d'avance. Dans la descente, Thomas Dietsch lui rend encore une trentaine de secondes. La fin semble proche pour l'Alsacien, condamné à la deuxième place.

L'affaire semble bien engagée pour le pilote Look mais à vingt bornes de l'arrivée, il crève. Bye bye la victoire en Coupe du monde. Thomas Dietsch qui avait du dire adieu à un tire mondial en 2004 suite à une crevaison à deux kilomètres de l'arrivée est cette fois le grand bénéficiaire de l'histoire. Ca change un peu !
Le vainqueur sortant de la Coupe du monde se dépouille pour garder une avance substancielle de 21 secondes sur l'Autrichien Alban Lakata, réputé excellent rouleur : "J'avais une seule trouille, c'est qu'il revienne" confie Dietsch. En octobre, Lakata avait fait un numéro sur les derniers kilomètres rectilignes du Roc d'Azur. Dietsch ne l'a pas oublié.
Platt et Stefan Sahm arrivent juste derrière alors que Paez, qui voltigeait dans la longue montée du barrage vient prendre la dernière place du podium. "Il a attrapé des crampes en haut du col. Il était sur le point de rejoindre le groupe pour la troisième place" explique Massimo Ghirotto, le manager heureux de la squadra Bianchi. "Je suis soulagé, j'avais peur que Lakata revienne. En gagnant ici, mon objectif est atteint, je garde la place de numéro un mondial. Je vais pouvoir prendre des vacances. " A 34 ans, Thomas Dietsch est plus que jamais le grand taulier du marathon planétaire.
Chez les dames, grosse surprise avant le départ. Annabella Stropparo figure sur la liste de départ. Visiblement, une information judiciaire ouverte cet hiver à son encontre (la brigade des stupéfiants a perquisitionnée chez elle des produits stupéfiants) ne semble pas trop gêner la championne d'Italie. Et il serait temps que l'UCI réagisse pour empêcher que des coureurs sous le coup de la justice puisse encore s'aligner au départ d'une épreuve. Mais aucune information n'étant remontée de la part de la comission antidopage, les comissaires n'ont eu d'autres choix que de la laisser prendre le départ.
Malgré cela, Pia Sundstedt qui est passé cet hiver de Bianchi à Rocky Mountain a elle aussi confirmé son statut. La jolie Finlandaise s'impose devant la sulfureuse italienne et prend une option sur le général de la Coupe du monde. Mention spéciale pour l'ancienne descendeuse, Marielle Saner, sixième pour sa deuxième course de la saison.
En attendant, l'ultime et dernière manche de la Coupe du monde aura en octobre, les 4 et 5, à ORNANS. Classements complets dans la rubrique résultats du site Universal Bikeracing.